Mes seigneurs,
Y avait match, vendredi soir à SAINT SAVIN.
Et comme je suis plutôt bien luné ce matin, et que je me suis trouvé moins ridicule que d’habitude sur le terrain vendredi soir, je me colle à un léger debriefing. Ca fera toujours plaisir à Manitas et Jeannot le Dingue, en attendant que nos matchs soient retransmis en direct sur SPORT+ !
Victoire 6 essais à 0.
19 présents.
Un bon match, sérieux et appliqué, et une bonne soirée à l’ombre du joli clocher de SAINT SAVIN (c’est l’indécrottable catho que je suis qui vous parle !). Couché à 1h30, fourbu mais content.
C’est toujours un plaisir que de se rendre à SAINT SAVIN : son stade en pente, adossé à l’église, en plein village, son coteau de vignes et ses bois en toile de fond, ses bistrots de campagne et ses habitants aux gueules ... comment dire ? ... médiévales ! , ça fleure bon le terroir et la France éternelle ...
L’équipe qui nous reçoit s’est renforcée de quelques gabarits et autres casqués velus à l’air patibulaire mais presque ! Manifestement, ils n’ont pas envie d’en prendre une valise.
Chez nous :
1ère ligne : Régis-les-vérins, Le sourire de Carotte, Francky Jambon, Pépé l’Arbitre et moi-même
2ème ligne : Fabrice le Corse, le Chti et Dédé la motofaucheuse,
3ème ligne : l’Africain, PepperMathieu, Jérémy le bizu, et moi en 3ème tiers temps
La Charnière Classique : Ben l’aboyeur pétrolifère et Eddy-la-menace
Au centre, Montauban et les papys du Muppet Show, Frantz et La Bricole
Aux ailes, le Brigadier et Ludo (le plus gros ailier du circuit)
A l’arrière, Vincent the Butcher au pied magique
Le scenario habituel : ambiance touristique dans les vestiaires avec le rire sardonique de Carotte qui couvre tout. Sortie de vestiaires bordelique. Echauffement rapide mais sérieux. Un peu de mise en place et En avant Guingamp !
D’entrée, ils nous infligent 10 grosses minutes d’un bon orage viril mais correct. Y a un centre qui fait 350 kilos et qui pose problème. Le RCBTP plie mais ne rompt pas.
Puis, depuis nos 22, à partir d’une touche, un mouvement magnifique s’amorce, les 3/4 s’ajustent des passes somptueuses, sèches, vigoureuses, rectilignes, bien sur la ligne d’avantage, bien dans la course, jusqu’à Ludo. Point de fixation. 2° temps de jeu, renversement, puis un 3° dans l’autre sens. Le terrain est remonté sur 70 m, balayé dans tous les sens, et essai en bout de ligne de je-ne-sais-plus-qui. Un bonheur.
On termine le 1er tiers temps comme des princes. L’alignement en touche est royal : Chti et Régis Les Vérins moissonnent comme des dingues, c’est écoeurant.
2° tiers temps équilibré : ils ont des temps forts, percent à plusieurs reprises le premier rideau (quelques placages en porte-de-saloon vous vaudront une séance de Highlander prochainement !). Mais les gigots-bitume tiennent bien et ne sont jamais vraiment inquiétés. La fatigue commençant à se faire sentir, c’est un peu plus brouillon et quelques explications de texte au sortir des regroupements pimentent un peu les débats (l’arbitre qui n’est pas le même qu’en première mi-temps est inepte !).
Je note surtout un magnifique mouvement, amorcé sur leurs 40 par une récupération (légale, monsieur !) d’un ballon dans un ruck, ballon envoyé au grand large, La Bricole dans la ligne qui transmet en vire-voltant sur lui-même (ce gars a dû être petit rat de l’opéra dans une vie antérieure) transmet donc à MONTAUBAN bien lancé, lequel n’a plus qu’à fixer et allonger une dernière passe à son compatriote toulousain bien calé dans le couloir … on pense arriver l’essai de la soirée, le truc génial et inspiré qui met tout le monde à genou, le mouvement lumineux, l’instant de grâce qui prête à croire que le rugby est bien un cadeau de Dieu fait aux hommes … il y a le trophée Midi Olympique en jeu au bout de cette action limpide … on est tous bouche bée, pendus aux mains expertes de Montauban pour accompagner cette gonfle jusqu’à son ailier d’un soir … Ludo … celui-ci a la trique en attendant l’offrande, il appuie sur le champignon, il a déjà la ligne dans le viseur, Montauban arme l’ogive et … et … nous vomit une merdasse de passe à la con de charlot du sud-ouest … un scandale de passe de maçon, un coup de truelle sur le glacis, une serpillière volante, un machin flasque juste bon à touiller la garbure, une colique rugbystique, un truc moche à vous scandaliser les plus grand magneurs de ballon du rugby français que furent Esteve, Carminati ou encore La Palme … affreux … dans les tribunes on entend des Bâââh et des Oooooh … ce ballon littéralement chié arrive tant bien que mal dans les chaussettes de Ludo qui se penche au risque d’un lumbago - à son âge c’est courant -, il râcle à peu près ce caca nauséabond pour essayer d’exploiter ce qu’il en reste … et se trouve projeté en touche par un défenseur qui n’en demandait pas tant. Merci Montauban, pour ce grand moment de rugby. Du Codorniou au bas mot ! Ca mériterait bien la pompe à vélo de la soirée ça !
Quand plus tard, j’ai moi-même balancé une grande ogive vrillée vers le grand large, de ce geste ample et majestueux que vous me connaissez tous, et bien si cette passe n’est pas arrivée dans les bras de son destinataire, et a fini dans une flaque d’eau, c’est uniquement parce que celui-ci était trop occupé à se tripoter la nouille en matant les jupettes des tennisseuses sur le court d’à côté … il se reconnaîtra. Et fort heureusement, Ludo, mort de faim et sevré de bonnes balles, ramassera ce ballon en vacance pour – après avoir éliminé le dernier défenseur – le porter en essai sur un sprint magnifique de 35 m … le plus long de toute sa carrière !
Enfin un 3° tiers temps tout à notre avantage, on a quasiment tous les ballons, on alterne bien, au près, au large, des mauls, des sautées, des chisteras. On fait rentrer un petit numero 8 barbu et ventru tout à fait remarquable que j’avais jamais vu ; faut à tout prix qu’il reste au club celui-là : Frantz sort le chéquier, on va se le faire piquer ! En face, ils sont totalement dépassés. Essais de Pépé, de Jérémy, etc … Un régal.
Coup de sifflet final. Sortie de match sobre et digne. Poignées de main, tapes amicales. Tout le monde s’est fait plaisir. On s’y est filé. Bon match.
Je retiens de notre équipe un état d’esprit remarquable, plein de solidarité et d’application et surtout … surtout … j’ai le sentiment que nous commençons à avoir des automatismes, nous nous trouvons de mieux en mieux, certaines consignes ont été correctement appliquées. Tout n’est pas parfait, mais vendredi soir, on avait de la gueule.
Que de chemin parcouru au terme de cette troisième saison des Gigots Bitume : on peut légitimement en tirer une certaine fierté.
Pour en finir avec l’analyse technique à la Eugène Sacomano : il faut améliorer le replacement offensif (au 2° temps de jeu la plupart des équipes sont larguées) et défensif (la ligne est souvent en dent de scie et pas toujours équilibrée en nombre par rapport à ce qu’il y a en face) ; de plus, il manque toujours un joueur ou deux sur les rucks (le 5 de devant est en cause) et ce pour assurer de meilleurs nettoyages et des libérations plus rapides.
Sur le reste de la soirée : Une rafale de binouzes à la buvette et un gentil dîner assis autour d’un Goulash-maison pour terminer ce beau déplacement en Berjallie. Rappelons que SAINT SAVIN a vu les premiers pas de rugbymen de personnages comme CECILLON et BONNAIRE, et ça ce n’est pas rien.




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