Je me
faisais une joie de retrouver mon bureau lundi matin afin de
découvrir le florilège de mails enthousiastes que vous n'auriez pas
manqué de produire pour chanter, louer, déclamer sur la soirée de
vendredi ... mais tu parles ! Peau de zob ouais ! Rien ! Que dalle
! Nibe !
Pas
un mail ! Pas même Frantz qui réclame du pognon. Rien à l'horizon.
Le désert.
Pourtant elle avait plutôt de la gueule la soirée de
vendredi.
Je
vous rappelle quand même que nous avons frappé un grand coup dans
le petit monde de l'UFAR lyonnais en allant nous imposer chez les
Old Blagues : une victoire à l'extérieur, mes seigneurs, c'est
quand même pas rien, et en plus devant une bonne équipe, sympa mais
sérieuse. Le 3° tiers-temps montre d'ailleurs qu'ils n'avaient pas
envie de perdre, mais alors pas du tout du tout du tout
!
Je ne
sais si c'est le fait des mails outranciers et chauvins échangés
dans les jours qui ont précédé la rencontre, si c'est le fait d'un
entraînement très humide mercredi dernier, ou encore si c'est
l'annonce du dernier match avec nous de Arnaud Dudu dit l'Angliche,
mais il y avait beaucoup de détermination et d'implication dans nos
rangs au moment du coup d'envoi de ce beau match.
Je
crois surtout que de se savoir tout juste 16 joueurs à quelques
minutes du match nous a contraint à un peu plus de concentration et
de sérieux que d'habitude : en clair c'était pas le club med chez
les gigots-bitume vendredi soir. D'où un bon échauffement, très
appliqué et bien motivé ... et ça sans se mettre des gifles dans
les douches ou faire des discours de psychopates sur la terre des
ancêtres, votre maman qui pleure ou le viol de vos soeurs ... C'est
plutôt agréable.
Et
comme pour rassurer tout le monde, d'autres gigots-bitume sont
encore arrivés pour compléter les rangs et nous transformer
finalement au coup d'envoi en une belle armada orange.
Nous
avons fait un remarquable premier tiers temps : les brumes
automnales qui ont rapidement nimbé le terrain - fort joli ma foi,
au milieu des bois - n'ont pas obscurci les débats, bien au
contraire, seuls les spectateurs devant juste deviner aux cris des
joueurs ce qui se passait de l'autre côté du pré.
Nous
leur avons claqué 2 putain d'essais, madame, que j'en bande
encore.
Le
premier : débordement sur la droite du terrain, gros tas de gonzes
enchevêtrés à 5 mètres de leur ligne, un point de fixation au ras
de notre magnifique talonneur (excellent celui-là, je sais pas d'où
il sort, mais pour le garder la saisons prochaine, va falloir
sortir le chéquier), libération parfaite, ouverture grand champ
jusqu'à Scatto à l'aile, toujours présents sur le terrain alors que
les 17 secondes fatidiques sont passées depuis longtemps, essai
limpide.
Le
deuxième, fruit de l'alternance dans notre jeu : Môssieur Eddy -
pas celui de la dernière séance, l'autre, le vrai ! - n'ouvre pas
et va provoquer la défense près de son pack, bonne libération,
ouverture, croisée de nos centres, Montauban sur l'Angliche ou sur
Frantz, y avait du brouillard !, accélération dans l'intervalle,
course perdue dans la brume, un coup de sifflet et quelques bras
levés vers ce qui reste de ciel, et on comprend qu'on vient d'en
planter un second.
Un
deuxième tiers temps tout à l'avantage de la Tour de Salami : on a
plus une gonfle et ils attaquent de partout. On se fait percer
plusieurs fois notamment par Stéphane - Monsieur Panneaux - qui
nous sort un grand match et se montre toute la soirée d'une rare
élégance. Sur une nouvelle percée, il est cueilli d'un magnifique
placage de gitan, c'est à dire à la carotide, par Greystocke :
l'arbitre file alors sous nos poteaux en sifflant sa race ...
allez, communiste, t'as qu'à leur donner ton essai de pénalité de
chiotte, vendu de collabo d'arbitre, si Tribi était là, ça chierait
grave, ses hurlements auraient déjà dégagé toute leur saloperie de
brouillard de merde ...
Je
disais donc un match, très classe, très correct, plein d'allégresse
et de distinction !
Et
ces peigne-zizi ont l'audace de nous en marquer un deuxième,
exactement pareil, le placage de charcutier et la pénalité en
moins. 2 partout. Le match gagne encore en intensité même si les
actions sont moins construites. A la fin de ce deuxième tiers
temps, les gigots-bitume parviennent à remettre la main sur le
ballon. Une série de charges de camionneurs pour se rapprocher de
la ligne, et une dernière du King, tout en puissance, qui
s'effondre sur son essai de titan. Village People nous a sorti un
match tonitruant vendredi soir, surtout dans le 3° tiers temps
quand il a fallu contenir la furia de ces messieurs de la tour du
salami qui n'avaient pas l'intention de nous laisser le
match.
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